Dur dur

Créé par le 12 fév 2007 | Dans : Non classé

En ce moment, c’est quand même pas la joie par ici : on n’arrête pas de se disputer, c’est la chienlit.
L’impression d’être 2 belligérants sur un champs de bataille, ni l’un ni l’autre ne voulant lâcher son bout de gras.
Quand on est face à face comme ça, je suis effrayée par la colère qui m’habite.
Rien que ce soir, on s’est heurté 2 fois et encore, j’ai mis mon poing dans ma poche sur des détails sinon c’était grillé pour la soirée tranquille.
Quel égoïsme, je n’en reviens pas. Et avec une mauvaise foi de tous les diables en plus !
Toutes ses questions remettent en cause mon comportement, ma façon de faire. Mais jamais ses propos, ni sa façon de faire.
Et Dieu me garde de dire quoi que ce soit, je suis immédiatement cataloguée : « tu es énervée, c’est bon ». Je déteste cette façon qu’il a de me couper la chique.
C’est comme Samedi, quand il a répété à l’envi « je m’en fous », sous prétexte que selon lui je cherchais à me justifier sur le fait que nous allions à Alinéa et non pas à Ikea. A l’écrire, cela semble tellement ridicule mais ça cristallise tout ce qui fait qu’on se prend la tête en ce moment.
Dans 2 jours c’est la St Valentin et ça me déprime.
En fait je n’ai même plus la force de lui en vouloir : je suis très triste, voilà tout.

Pfff

Créé par le 28 jan 2007 | Dans : Non classé

Les reproches injustifiés, sans aucune excuse derrière, je trouve ça vraiment gonflant.
Finalement vivre en couple, c’est être seul face à ce type de situations.
On se lance de la poudre aux yeux : « je te comprends », « je te soutiens », « on est deux face aux événements de la vie », etc … Mais en réalité, réunir deux individualités sous un même toit, et croire qu’elles vont fusionner, c’est une utopie. C’est rassurant mais la chute est rude.
Ce soir, j’ai froid. Je me demande à quoi sert tout ce qu’on essaie de construire à deux puisque les remarques acides sont si faciles à fuser.
Après quelques années de vie commune, on voit si vite les défauts de l’autre et ils nous exaspèrent aussitôt.
Je sens venir la dispute, comme une tempête qui se prépare.
A chaque fois, c’est toujours la même chose : je joue le mauvais rôle, celui de celle qui fait tout éclater. A force de m’enfermer dans ce rôle, je finis par ne même plus lutter et laisser faire.
Je ne trouve pas que sa réaction soit celle d’un mec amoureux : il me dit des horreurs, il me voit pleurer et il ne s’excuse pas ni ne vient me consoler. Est-ce parce que j’ai trop souvent pleuré ? Est-ce parce qu’il se sent trop coupable de me dire ce qu’il me dit ? En même temps, on avait dit qu’il ferait des efforts pour s’excuser comme je ferais des efforts pour accepter ses excuses.
Des murs se montent entre nous, de plus en plus hauts et je n’ai même plus envie de les casser : où va-t-on ?
Evidemment c’est sous le coup de la colère que j’écris ces mots mais si je ne le fais pas, cela va couler, je vais oublier et je n’en ai pas envie.
OK je peux avoir des défauts mais je refuse (et je dois faire attention à ça, car j’ai tendance à trop me plier) de me plier quand ce n’est pas moi qui ai tort.
Il m’a quand même reproché de vouloir qu’il ne bouge jamais, qu’il reste toujours au même endroit alors que le moins ambitieux de nous deux, c’est quand même lui !
Et il me dit ça en me regardant dans les yeux et la seule chose qu’il me retourne quand je lui fais part de ma blessure, c’est « ça me stresse ».
Je refuse d’être son bouc émissaire pour une angoisse qui n’est pas mienne.
Pourquoi suis-je la seule à raisonner à 2 ? Et pourquoi me le reproche-t-il ?
Je suis lasse et je me demande à quoi servent nos projets de famille : des fois, je me demande à quoi bon faire un 2ème si cela se passe comme ça.
Je ne trouve plus aucun réconfort dans ses bras ou même dans le fait d’être à deux.

Special Day 2

Créé par le 05 sept 2006 | Dans : Non classé

Décidément en ce moment, je concrétise des choses que je ruminais depuis un moment ! Dans un tout autre registre que le précédent article, me voici employeur d’une aide à domicile pour 2 heures par semaine, enfin certainement 3 heures vu comme c’est parti. Qu’est-ce que ça peut faire « bourge » d’écrire ça mais en même temps, c’est vraiment trop cool !Et puis zut, si je ne peux même pas écrire ça sur mon blog sous prétexte que c’est banal ou ennuyeux ou bourgeois au possible, qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? J’ai justement décidé de faire un blog pour pouvoir livrer mes pensées sans avoir à me justifier ou passer pour une parvenue, ou je ne sais quoi encore. Surtout que j’ai promis à mon compagnon qu’on ne le dirait pas à nos amis : justement parce que ça fait trop embourgeoisés !!! En même temps, à quoi cela sert de gagner sa vie si on n’en profite pas ?

Ah, le ménage, quelle aventure ! Déjà, au départ, je ne peux pas dire que je sois une véritable fée du logis. Je n’ai jamais compris comment font les filles (hormis de rares exceptions, je ne connais pas de garçon pouvant concourir dans cette catégorie, en toute objectivité !) qui arrivent à s’y tenir une fois par semaine. Le jour J arrivé, elles s’y mettent sans rechigner et briquent tout du sol au plafond, on dirait même qu’elles aiment ça !

Quand j’étais célibataire, je devais passer le balai une fois tous les 15 jours (quand on commençait à voir traîner les moutons) et laver le sol une fois par mois (quand vraiment je ne pouvais pas faire autrement genre, la passer que dans la cuisine et dans les sanitaires, là où il faut quand même un minimum d’hygiène). J’ai toujours détesté faire la poussière : quand j’étais enfant, ma mère me la faisait faire avec un plumeau avec des vraies plumes de poules : beurk ! Quand on sait que le manche était en bambou et qu’il pouvait aussi servir pour les corrections, vous imaginez le dégoût que pouvait m’inspirer cet instrument ! Enfin, ceci est une autre histoire.

Une des fameuses exceptions masculines en question me reprochait de ne jamais faire mon lit : pourquoi faire son lit alors qu’un génial inventeur (qu’on lui érige une statue) a crée la couette ? En passant, celui qui a inventé la housse de couette aurait pu penser à un système qui ne nécessite pas un bac +5 en contorsionnisme ni d’être un parent de l’homme élastique. Du coup, la housse de couette, je la changeais pas non plus toutes les semaines, au vu du mal que j’avais à la mettre… Oui, alors je ne fais pas mon lit puisque le soir, je soulève la couette et je m’entortille dedans : pas besoin de faire son lit quand c’est comme ça !Quand j’était enfant, mon lit, c’est à peine si j’osais m’y glisser tellement il était bien fait, avec le drap plat retourné sur la couverture, elle-même bien coincée dans le lit sur les 3 côtés. Comme c’était moi qui devait le faire, je faisais en sorte de ne pas trop le défaire quand j’y rentrais le soir et quand j’en sortais le matin ! Et j’essayais de ne pas avoir des nuits trop agitées !!! Pfff, quand j’y pense, ça remonte à loin cette phobie du ménage !

Ce qu’il y a d’agaçant dans les tâches ménagères, c’est finalement que c’est un éternel recommencement. Quand je fais quelque chose, j’aime pouvoir me dire que j’ai terminé, et que c’est classé. Le ménage, la vaisselle, et dans une moindre mesure la lessive et le repassage, c’est infernal ! Encore plus quand on a des enfants ! Et je ne peux pas habiller continuellement ma fille d’un grand sac en plastique, la nourrir au biberon et l’empêcher de sauter, courir, jouer dans la terre, l’herbe, le sable et plus si affinités (avant de se vautrer sur le fauteuil crème du salon: même si c’est en option, ça arrive souvent) jusqu’à sa majorité (surtout qu’elle n’a que 15 mois) ! Je me vois encore moins laisser les housses en plastique sur mon canapé comme le faisait ma grand-mère et exiger de toute la famille d’enlever les chaussures à l’entrée et d’enfiler illico presto des pantoufles. Non pas parce que je suis maniaque mais parce que je ne veux pas voir mon travail de plusieurs heures réduit à néant !!! Car ce n’est pas la saleté qui me dérange mais bien que ce ne soit plus propre : nuance ! Alors à un moment, je jette l’éponge, au propre comme au figuré ! Ma meilleure amie n’a pas fait le ménage pendant un an et demi dans son 28 m² ! C’est véridique. Je n’ai jamais dépassé les 2 mois mais en trichant : une semaine je faisais les sols, la semaine suivante les sanitaires, puis la poussière. Mais avec ce système-là, on continue à faire le ménage tout le temps. J’ai testé aussi la solution de tout faire comme ça j’étais libre pour 3 semaines mais là, j’y consacrais plus d’une demie-journée et franchement, j’avais autre chose à faire le WE. Pas de solution vraiment satisfaisante, alors quand on rajoute à cela les vitres (en plus de 4 ans dans un appartement, j’ai fait les vitres 3 fois), les portes (les traces noires au niveau des poignées, la poussière dans les encadrements), les placards (les moutons au fond du dressing) et les toiles d’araignées dans les coins (qu’on ne voit que lorsqu’un certains nombres de moucherons ont été attrapés), on y passe le 1/3 de sa vie, c’est pas possible. C’est en quittant les appartements qu’on s’investit le plus dans le ménage et à chaque fois je me dis que si j’y avais passé plus de temps, plus régulièrement, je n’en serais pas là, à récurer pendant des heures le coin derrière les toilettes sous prétexte qu’il y avait la poubelle devant et que j’avais la flemme de la déplacer ; et ne parlons pas de la cuisinière à gaz (j’ai failli attraper une tendinite en nettoyant les contours des feux que je ne nettoie pas après chaque utilisation – oui, car après avoir cuisiné, je mange et ensuite, je fais la vaisselle, et si je dois faire du repassage derrière, il est certain que je ne nettoyerais pas les feux ; et avant de cuisiner, je ne vais pas le faire non plus, vu que je vais ressalir juste après) et de son périmètre d’action (très important le périmètre de la cuisinière : pour bien faire, elle devrait être au centre de la cuisine, comme ça, on ne serait pas gêné par les meubles et autres recoins pour nettoyer les projections d’huile, les pâtes tombées du paquet sans atterrir dans la casserole, les lardons ayant pris la poudre d’escampette, excités par la chaleur, etc…), et encore moins de la machine à laver (pourquoi est-ce que c’est si lourd à déplacer, une machine à laver alors que les chaussettes mouillées et dépareillées aiment tant se loger sous ou derrière elle ?). C’est quand même incroyable de perdre autant de temps dans le ménage d’un appartement qu’on ne va même plus habiter !

A une époque, j’ai fait 2 déménagements payés par la société de mon ex, on en avait profité pour prendre l’option Ménage : le pied. Non seulement on te fait les cartons (hormis les effets personnels sous-entendus les petites culottes et éventuels quolifichets interdits au moins de 18 ans), on te démonte et on te remonte les meubles mais en plus, tu te tapes pas le ménage !

Parce que là, on vient de déménager et on a payé des déménageurs : on s’est dit qu’au vu du volume à transbahuter (presque 30 m3), et de la période (mois d’Août) et du manque de personnel compétent (tous nos copains costauds et volontaires ont déménagé depuis notre dernier déménagement – n’allez pas chercher de rapport de cause à effet s’il vous plaît, il n’y en a pas, enfin à ce qu’on dit !) et de la plus-value faite sur la vente de notre appartement, on pouvait bien se le payer. On s’embourgeoise grave. Mais pas suffisamment pour prendre l’option Ménage et franchement, ça m’aurait arrangé. Quand ils ont soulevé le lit, les moutons roulaient joyeusement dessous, de l’épaisseur de mon poing. Je suis allergique à la poussière et aux acariens mais ça ne me motive pas pour faire le ménage sous mon lit, hélas !

La vaisselle, ça ne me dérange pas de la faire mais je déteste l’essuyer ; mais pareil, il faut toujours recommencer. Et quand on aime bien cuisiner, ben on ne peut pas n’utiliser qu’une casserole et un ouvre-boîte et encore moins qu’un seul couteau. Heureusement que le lave-vaisselle existe. Et luxe suprême, nous venons d’installer un robinet de cuisine avec une douchette : pour rincer c’est génial ! (Quand je vous dis qu’on s’embourgeoise !).

Je parlais du repassage et je peux vous dire que je déteste ça, et mon copain encore plus. C’est simple, lui ne repasse rien : ni ses chemises (qu’il a acheté avec le logo Easy Iron et qu’il fait sécher sur cintre) ni ses pantalons (qu’il secoue bien avant d’étendre et qu’il enfile tout froissés – portés, ça prend la forme du corps) ni ses tee-shirts. Quant à moi, je m’y astreint quand je me rends compte que dans le panier, il y a des frinques que je n’ai porté qu’une fois et que j’ai oublié depuis ; c’est à dire une fois tous les 3 mois et pour les changements de saisons. Je ne mets pratiquement plus de chemises, mes tee-shirts sont suffisamment moulants ou avec une pointe d’élasthane qui permet au vêtement de retrouver sa forme sans pli. Restent certains pantalons et jupes, surtout l’été, qui nécessitent quand même d’être repassés. Alors je m’y prépare psychologiquement quelques jours à l’avance (et de toute façon le panier de linge à repasser vomissant son trop plein depuis un moment me le rappelle à chaque fois que je rentre dans la chambre), je surveille le programme TV, je préviens à la cantonnade de mes plans de super soirée, je sors le fer à repasser de sa cachette, au fin fond du dressing, derrière les pulls et je m’installe dans le canapé. Eh oui, j’ai découvert que les différentes positions de la table à repasser ne servaient pas qu’à réparer les injustices de la nature (même si mon mètre 59 n’est pas un handicap en soi – sauf quand je n’arrive pas à atteindre l’article du haut du rayon) et qu’on pouvait donc repasser assis : un moindre mal !

Depuis que je vis en couple avec Petit Chou, nous nous répartissons les rôles puisqu’à deux, c’est bien connu, on salit deux fois plus vite : à lui la poussière, les WC et la salle de bain, à moi le reste ! Il faut dire que ça le gonfle prodigieusement mais qu’il s’y colle quand même car sinon, il voit bien à la fumée qui me sort des narines que la hache de guerre ne va pas tarder à être déterrée. Il lui arrive parfois, ô surprise suprême mais délicieuse, de prendre l’initiative de nettoyer la plaque de cuisson (vive l’induction qui permet de faire sauter, de rissoler, de mijoter aussi bien qu’avec le gaz sans les inconvénients – embourgeoisement, embourgeoisement !) avec le bon côté de l’éponge, s’il vous plaît, ou encore de s’occuper du frigo. Et quand je dis s’occuper du frigo, ce n’est pas le vider consciencieusement de son contenu par voie digestive mais de laver les étagères en verre, de passer un coup sur la porte, et de tout ranger à sa place (important, ça, de tout ranger). Mais je disgresse, je reviendrais dans un autre article sur les tares typiquement masculines de nos tendres moitiés.

Mais généralement, c’est toujours à mon initiative que nous nous lançons dans le ménage, après que j’ai passé plusieurs jours à me plaindre du bordel ambiant (je ne rajouterais rien sur le rangement en général : ranger les vêtements qui traînent, les courriers et factures, plier le linge sec, ranger le linge sec, etc …), à m’énerver sur le sol qui se salit trop vite, à râler sur les traces de chaussures. Ou parce que nous sommes pris à la gorge par une invitation : des gens vont venir chez nous et voir notre bordel, vite, tout le monde sur le pont. Résultat : on invite beaucoup moins souvent qu’on ne le voudrait.

J’en deviens donc très désagréable, de mauvaise humeur car ce n’est jamais nickel et que si je m’écoutais, je ferais les choses à fond plutôt qu’en surface, etc … Le vrai stress et une pression de folie.

Et alors depuis que Choupette est arrivée dans nos vies, c’est le vrai dilemne de la maman qui aimerait que son bébé puisse grandir protégé des acariens et manger par terre et en même temps pouvoir passer du temps à jouer avec lui plutôt que de s’escrimer, en sueur, un chiffon à la main pour traquer le moindre grain de poussière. 

Aprement négocié auprès de Petit Chou, qui avait aussi des freins par rapport au fait d’avoir une étrangère chez soi, j’ai mis tout ce qui est cité plus haut dans la balance, en ajoutant à cela le fait que j’allais la payer moi, sur les économies d’impôts dûes au rattachement de Choupette, que c’était une personne de confiance (elle fait le ménage pour mon entreprise et pour ma chef) et qu’on emménageait dans un 100 m² et qui si on rechignait déjà pour faire le ménage avant, ce serait pire là. Que je serais plus détendue, qu’on allait pouvoir plus recevoir, profiter des WE, de notre fille, bref, VIVRE !!! Je l’ai donc eu à l’usure et elle est venue pour la première fois hier.

TOP ! Comme nous venons d’emménager, nous sommes encore en plein dans les cartons, en plus on doit peindre dans le salon et dans notre chambre donc on n’a pas vidé tous les cartons afin de pouvoir bouger les meubles plus facilement, on manque d’étagères car elles sont occupées par du matos de bricolage. Difficile donc de faire le ménage dans ces conditions : je lui ai donc proposé de faire les vitres et les huisseries. Appartement inhabité depuis 2 ans, avec 5 doubles fenêtres et une porte-fenêtre à deux battants : y avait du boulot pour 2 heures.

Rentrée chez moi hier soir, elle avait non seulement fait les vitres mais en avait aussi profité pour balayer et laver par terre, faire la poussière (notre meuble TV était noir de crasse, il est blanc), les sanitaires (je n’avais pas touché aux 2 WC depuis notre arrivée) et la vaisselle du matin. J’étais aux anges, je m’extasiais sur tout, une vraie gamine devant ses cadeaux de Noël. Petit Chou a quand même reconnu que c’était bien.

En discutant avec ma chef, elle m’a dit qu’elle lui changeait les draps, qu’elle rangeait les jouets de ses filles, qu’elle pouvait aussi faire tourner des machines en plus du repassage, bien sûr !

A lot of special days en perspective !!!

Special day

Créé par le 05 sept 2006 | Dans : Non classé

Après des années de réfléxion, je me suis décidée à aller consulter un psychologue pour lui parler de mon histoire. Sur les conseils d’une consultante en bilan de compétences, j’ai contacté une psychologue-médecin hier et elle avait justement une plage disponible aujourd’hui. J’avais les coordonnées depuis fin Juin et j’avais ruminé l’idée dans tous les sens, comme on roule des pierres dans sa poche. Je ne pensais pas que ce serait aussi rapide et ça m’a donné le vertige. En même temps, j’étais contente de ne pas avoir le temps de me désister.

C’est très étrange de se livrer à quelqu’un que l’on ne connaît pas et que l’on n’a jamais vu auparavant. En même temps, en 40 minutes, j’ai dit des choses sans avoir peur d’être jugée, sans chercher à me présenter sous mon meilleur jour ou en tout cas sous un jour avantageux.

Maintenant, elle sait déjà des choses sur moi que même des personnes qui me connaissent depuis des années ignorent. Cela a un côté effrayant et en même temps, cela fait du bien de parler sans masque.

Comment savoir aussi si les choses qu’on a vécues sont simplement ordinaires (car finalement tout le monde a son histoire) ou valent le coup d’être racontées et surtout si leurs conséquences dans notre vie nécessitent un accompagnement « sérieux ».

Je me retrouve face à cette dame, qui me demande pourquoi je suis là … Difficile de condenser en quelques minutes des années de réflexion, de travail sur soi, de remise en question, de sur-compensation, de façade, de pleurs … Par où commencer ?

Est-ce que je dois lui dire que j’ai parfois l’impression de voir clair en chacun et que cela me déprime profondément ? Où que mes idées vont tellement vite que j’ai du mal à me suivre ? Que je réfrène sans cesse ma nature profonde par peur de tout et de rien ?

Non, je vais plutôt lui raconter mon enfance, comment j’ai été déracinée, comment ma mère a coupé tous les liens avec mon père biologique et s’est refermée comme une huître vis à vis de moi, comment cela est devenu tabou au sein de ma famille entière. Mais rapidement car il faut encore que je lui parle de mon adolescence et des rapports incroyablement tendus que j’ai eu avec mon beau-père, et que je lui raconte comment j’ai retrouvé mon père biologique à 25 ans et pourquoi j’ai stoppé rapidement tout contact. Et puis elle doit savoir que j’ai une petite fille, que je ne voudrais en aucun cas reproduire avec elle ce que j’ai vécu avec ma mère. Je dois aussi lui dire que je suis incapable d’avoir une relation adulte avec mes parents, que je pleure à l’idée de leur dire le fond de ma pensée ou même le début de ma pensée. Et aussi que j’ai l’impression de ne pas être légitime dans mon travail, de tromper mon monde alors que je sais pertinemment que je suis professionnelle et que je suis reconnue.

Alors évidemment, pas de viol, de mort violente, de maltraitance physique : juste une histoire, celle de ma vie.

Le médecin me dit que nous allons pouvoir envisager les choses sereinement, que nous ne sommes pas dans l’urgence. Je m’inquiète de savoir si mon cas vaut la peine qu’on s’y intéresse. Toujours cette préoccupation de ne surtout pas faire son intéressante ! 

Il semblerait que j’ai déjà fait du chemin toute seule : ben oui, faut bien essayer d’avancer quand même !

Sa spécialité, si on peut parler de spécialité (sic), c’est les secrets de famille et leurs conséquences. Et elle ne croit pas à la théorie du hasard !

Nous allons notamment travailler sur le fait que je pense souvent à la place des autres et que cela m’empêche de faire ce que je dois faire, professionnellement, et personnellement.

Incroyable qu’elle tombe aussi juste. Je suis scotchée.

Commencer une psychothérapie, c’est parler de soi, se regarder le nombril, et ce n’est pas l’éducation que j’ai reçue. Tous les maux de l’esprit ne trouvaient pas de grâce aux yeux de ma famille, et plus particulièrement aux yeux de mon père.

Quand je suis entrée dans son bureau, j’ai tout de suite vu le paquet de mouchoirs, bien en évidence en face d’une chaise. Je me suis dit « évidemment, des gens doivent pleurer » sans penser que lors d’une première séance, cela allait m’arriver. Et puis finalement si, au détour d’une phrase, ma voix s’est brisée et les larmes sont venues, presque violentes.

Pourquoi à ce moment là ? Peut-être parce que ça touchait mon frère ou que ça synthétisait tout à fait le comportement de ma mère durant toutes ses années …

En tout cas, c’est venu, et je ne me suis à aucun moment sentie gênée ou jugée : je crois que je retournerais bien la voir juste pour pleurer pendant 40 minutes sans avoir à m’expliquer …

 

 

 

 

 

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